PROPOSITIONS:
1° Il existe une influence mutuelle entre les Corps Célelestes, la Terre & les Corps Animés.
2° Un fluide univerfellement répandu & continué de manière à ne souffrir aucun vuide, dont la subtilité ne permet aucune comparaison & qui, de sa nature est susceptible de recevoir, propager & communiquer toutes les impressions du mouvement, est le moyen de cette influence.
3° Cette action réciproque eft foumife à des lois mécaniques inconnues jusqu'à présent.
4° Il réfulte de cette action des effets alternatifs, qui peuvent être confidérés comme un Flux & Reflux.
5° Ce flux & reflux eft plus ou moins général, plus ou moins particulier plus ou moins compofé, felon la nature des caufes qui le déterminent.
6° C'eft par cette opération (la plus univerfelle de celles que la Nature nous offre) que les relations d'activité, s'exercent entre les corps célestes, la terre & ses parties constitutives.
7° Les propriétés de la Matière & du Corps Organifé dépendent de cette opération.
8° Le corps animal éprouve les effets alternatifs de cet agent & c'est en s'infinuant dans la fubftance des nerfs, qu'il les affecte immédiatement.
9° Il se manifeste particulièrement dans le corps humain, des propriétés analogues à celles de l'Aimant; on y distingue des pôles également divers & oppofés qui peuvent être communiqués, changés, détruits & renforcés; le phénomène même de l'inclinaison y eft obfervé.
10° La propriété du corps animal qui le rend fufceptible de l'influence des corps célestes, & de l'avion réciproque de ceux qui l'environnent, manifestée par son analogie avec l'Aimant, m'a déterminé à la nommer MAGNÉTISME ANIMAL.
11° L'action & la vertu du Magnétifme animal ainfi caradérifées, peuvent être communiquées à d'autres corps animés & inanimés. Les uns & les autres en font cependant plus ou moins fufceptibles.
12° Cette action & cette vertu, peuvent être renforcées & propagées par ces mêmes corps.
13° On observe à l'expérience l'écoulement d'une matière dont la Subtilité pénètre tous les corps, fans perdre notablement de son activité.
14° Son action à lieu à une distance éloignée, fans le fecours d'aucun corps intermédiaire.
15° Elle est augmentée & réfléchie par les glaces, comme la lumière.
16° Elle eA communiquée propagée & augmentée par le ~bn.
17° Cette vertu magnétique peut être accumulée, concentrée & transportée.
18° J'ai dit que les corps animés n'en étoient pas également fufceptibles: il en eft même quoique très-rares qui ont une propriété fi opposée que leur feule présence détruit tous les effets de ce magnétisme dans les autres corps.
19° Cette vertu oppofée pénètre aussi tous les corps; elle peut être également communiquée, propagée, accumulée, concentrée & transportée réfléchie par les glaces & propagée par le fon ce qui conflitue non-feulement une privation mais une vertu oppofée pofitive.
20° L'Aimant, soit naturel, soit artificiel, est, ainfi que les autres corps, fufceptible du Magnétifme animal & même de la vertu oppofée, fans que, ni dans l'un ni dans l'autre cas, fon action fur le fer & l'aiguille souffre aucune altération ce qui prouve que le principe du Magnétifme animal diffère essentiellement de celui du minéral.
21° Ce systéme fournira de nouveaux éclairciffemens fur la nature du Feu & de la Lumière, ainfi que dans la théorie de l'Attraction, du Flux & Reflux de l'Aimant & de l'électricité.
22° Il fera connoître que l'Aimant & l'electricité artificielle n'ont a l'égard des maladies que ces propriétés communes avec plufieurs autres agens que la Nature nous offre & que s'il est résulté quelques effets utiles de l'administration de ceux-là ils font dus au Magnétisme animal.
23°. On reconnoîtra par les faits,d'après les règles pratiques que j'établirai, que ce principe peut guérir immédiatement les maladies des nerfs & médiatement les autres.
24° Qu'avec fon fecours le Médecin est éclairé fur l'usage des médicamens qu'il perfectionne leur action, & qu'il provoque & dirige les crifes falutaires, de manière a s'en rendre le maître.
25° En communiquant ma méthode, je démontrerai par une théorie nouvelle des maladies l'utilité univerfelle du principe que je leur oppose.
26° Avec cette connoissance, le Médecin jugera sûrement l'origine, la nature & les progrès des maladies même des plus compliquées; il en empêchera l'accroissement, & parviendra à leur guérison, fans jamais expofer le malade à des effets dangereux ou des fuites fâcheuses quels que foient l'âge le tempérament & le fexe. Les femmes même dans l'état de grossesse & lors des accouchemens jouiront du même avantage.
27° Cette dodrine enfin mettra le Médecin en état de bien juger du degré de fanté de chaque Individu, & de le préserver des maladies auxquelles il pourroit être expofé.
Lart de guérir parviendra ainfi à fa dernière perfection.